Législation immobilière

Départ d’un colocataire 2026 : préavis, solidarité et dépôt de garantie

Un colocataire part ? Préavis individuel, effet de la clause de solidarité, arrivée d’un remplaçant et dépôt de garantie : les repères utiles pour organiser le départ.

Un colocataire quitte un appartement avec un carton tandis que deux colocataires organisent la suite sans texte lisible
Un colocataire quitte un appartement avec un carton tandis que deux colocataires organisent la suite sans texte lisible.

Le départ d’un seul colocataire ne met pas automatiquement fin à une colocation. Dans un bail commun, la personne qui part doit d’abord donner son congé au bailleur ou à son mandataire. Ensuite, la clause de solidarité, l’arrivée éventuelle d’un remplaçant et les règles du dépôt de garantie déterminent ce qui reste à payer et ce qui peut être récupéré.

Ce guide se concentre sur cette transition entre un colocataire sortant et ceux qui restent. Il complète le guide Vera sur le préavis d’un locataire sans reprendre toutes les règles générales de fin de location.

Commencer par identifier le type de bail signé

La première pièce à relire est le contrat. Une colocation peut reposer sur un bail unique signé par tous les occupants, ou sur des baux individuels. Les conséquences du départ diffèrent nettement : avec un bail unique, le logement et le dépôt de garantie sont communs ; avec des baux individuels, chaque occupant a en principe son propre contrat, son loyer et son dépôt de garantie.

Il faut ensuite repérer une éventuelle clause de solidarité. Dans un bail unique, cette clause permet au bailleur de réclamer la totalité des sommes dues à l’un des colocataires lorsque les autres ne paient pas. Son existence ne se déduit pas d’une habitude de partage du loyer : elle doit être prévue dans le bail.

Avant toute démarche, relisez aussi la méthode Vera sur le préavis du locataire , notamment pour la forme du congé et le point de départ du délai.

Donner un congé individuel au bailleur

Le colocataire qui veut partir adresse son congé au bailleur ou à l’agence, sans avoir besoin de l’accord des autres colocataires. Pour un bail commun, son départ ne résilie pas le bail : les occupants qui restent continuent la location aux conditions prévues au contrat.

Le congé doit respecter les formes et le préavis applicables au bail. En location vide, le préavis est en principe de trois mois, avec des cas de réduction à un mois ; en location meublée, il est d’un mois. Le délai commence à la réception du congé par le bailleur, et non à la date d’envoi.

Informer les autres colocataires est utile pour organiser les dépenses et la recherche d’un remplaçant, mais ce message ne remplace pas un congé régulièrement délivré au bailleur. Conservez donc la preuve de réception et indiquez clairement le logement et votre volonté de mettre fin à votre participation au bail.

Comprendre la solidarité après la fin du préavis

Lorsque le bail unique contient une clause de solidarité, le colocataire partant et sa caution peuvent encore être tenus des dettes locatives après la fin de leur préavis. L’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 fixe une limite : la solidarité s’éteint lorsque le congé a pris effet et qu’un nouveau colocataire figure au bail ; à défaut, elle prend fin au plus tard six mois après la date d’effet du congé.

La borne de six mois ne dispense pas de payer ce qui est dû avant l’extinction de la solidarité. Elle ne transforme pas non plus le départ en résiliation de la colocation : les colocataires restants doivent continuer à régler l’intégralité du loyer demandé par le bailleur.

Sans clause de solidarité, le colocataire sortant et sa caution doivent normalement seulement sa part jusqu’à la fin du préavis. Les termes exacts du bail restent essentiels, notamment pour distinguer les loyers, charges, réparations et éventuels impayés déjà nés.

Faire entrer un nouveau colocataire sans raccourci

Trouver un remplaçant peut mettre fin plus tôt à la solidarité du colocataire sortant, à condition que cette personne figure effectivement au bail. Une annonce ou un accord oral entre colocataires ne suffit pas : l’entrée du nouveau colocataire doit être acceptée et formalisée avec le bailleur ou son mandataire.

Les colocataires restants ne peuvent pas imposer un candidat au bailleur. Avant toute remise de clés, il faut donc organiser le dossier, l’assurance habitation et la signature ou l’avenant permettant d’inscrire le nouveau colocataire au contrat.

Cette étape mérite une date écrite et vérifiable. Elle évite de confondre la date d’emménagement matériel avec la date à laquelle la solidarité du sortant cesse légalement.

Régler le dépôt de garantie entre colocataires

Avec un bail unique, le colocataire qui part ne peut pas exiger du bailleur le remboursement immédiat de sa quote-part de dépôt de garantie. Le bailleur restitue le dépôt après le départ de tous les colocataires et la remise des clés, selon l’état des lieux de sortie.

En pratique, le sortant peut convenir avec les colocataires restants ou avec le remplaçant d’un remboursement amiable de sa quote-part. Cette somme relève de leur accord privé : elle ne réduit pas les éventuelles sommes que le bailleur pourrait réclamer au titre de la clause de solidarité.

Pour les délais de restitution et les retenues justifiées, consultez le guide Vera sur le dépôt de garantie . Avec des baux individuels, la logique est différente : chaque locataire dispose en principe de son propre dépôt.

Préparer une transition documentée

Avant le départ, relisez le bail et l’acte de cautionnement, envoyez le congé, conservez son accusé de réception et vérifiez la date exacte de fin de préavis. Si une clause de solidarité existe, notez la date maximale d’extinction et ne la confondez pas avec la date de déménagement.

Entre colocataires, un écrit simple peut prévoir le partage du loyer et des charges pendant la recherche d’un remplaçant, le sort des meubles communs, le remboursement amiable de la quote-part de dépôt et les comptes partagés. Ce pacte de colocation ne remplace pas le bail, mais il limite les malentendus entre occupants.

En cas de doute sur une clause, une dette ou la situation d’une caution, une ADIL peut fournir une information juridique neutre. Cette précaution est utile avant de signer un avenant ou de promettre à un sortant que sa responsabilité est déjà terminée.

Questions fréquentes

Un colocataire peut-il partir sans l’accord des autres ?

Oui. Il doit donner son congé au bailleur ou à son mandataire en respectant la forme et le préavis applicables. Le bail commun se poursuit avec les colocataires qui restent.

Combien de temps dure la clause de solidarité après le départ ?

Avec un bail unique comportant une clause de solidarité, elle cesse lorsque le congé a pris effet et qu’un nouveau colocataire est inscrit au bail. Sans remplaçant inscrit, elle s’éteint au plus tard six mois après la date d’effet du congé.

Le colocataire sortant récupère-t-il sa part du dépôt de garantie ?

Pas directement auprès du bailleur lorsque la colocation repose sur un bail unique. Il peut trouver un accord amiable avec les autres colocataires ou avec son remplaçant ; le bailleur restitue le dépôt à la fin de la colocation.

Un remplaçant met-il fin à la solidarité dès son emménagement ?

Non. Pour que la solidarité cesse, le nouveau colocataire doit figurer au bail. Il faut donc une formalisation avec le bailleur ou son mandataire, pas seulement un emménagement ou un accord entre occupants.

Le départ fonctionne-t-il pareil avec des baux individuels ?

Non. Avec des baux individuels, chaque colocataire paie le loyer et les charges prévus par son propre contrat jusqu’à la fin de son préavis et dispose en principe de son propre dépôt de garantie.

Sources officielles consultées